28 mai - Participation à l'émission Sens public - Gaza : doit-on parler d'un génocide ?
28 mai - [Post LinkedIn du 28/05/25] J’étais ce 28 mai sur le plateau de Public Sénat pour évoquer la douloureuse et difficile question, en droit international, de l’existence d’un génocide à Gaza. Un débat trop court bien sûr, qui n’a pas permis d’approfondir un certain nombre de points. Un débat qui peut paraître déconnecté de la réalité inhumaine du terrain, et qui suscitera probablement des insultes de toutes parts - comme toute prise de parole à ce sujet. J’ai modestement essayé de rappeler que l’intention génocidaire est complexe à démontrer, qu’il y a effectivement des raisons de penser - sans même se référer aux ordonnances de la Cour internationale de Justice sur la plausibilité des droits allégués par l’Afrique du Sud dans l’affaire qu’elle a intenté contre Israël - qu’un génocide est en cours, que dans tous les cas les éléments de sa définition (bien que consensuelle actuellement) doivent être interprétés et peuvent évoluer à la faveur des positions juridiques des États et de l’évolution de la société internationale, que l’évocation de l’hypothèse d’un génocide contre les palestiniens n’empêche pas qu’il puisse y avoir également une intention génocidaire du Hamas matérialisée par l’attaque terroriste du 7 octobre, que juridiquement le génocide n’est pas « plus grave » que les crimes contre l’humanité et crimes de guerre qui sont à l’évidence commis à Gaza mais que l’invocation du génocide permet de « prendre à témoin » la communauté internationale, y compris en des termes juridiques puisque la reconnaissance d’un génocide entraînerait l’obligation, pour tous les États membres de la convention de 1948, de le prévenir, de le faire cesser et de réprimer ses auteurs. Dans tous les cas, la situation à Gaza est atroce et inconcevable ; l’Humanité devrait avoir honte de permettre ce qu’il s’y passe - et ce indépendamment de la qualification juridique, ou non, de génocide.